Evan Maina Mwangi, The postcolonial animal. African literature and posthuman ethics | A Review by Inge Brinkman

In his new book, The Postcolonial Animal, Evan Mwangi studies the role of animals in contemporary postcolonial African literature. His aim is not to explore the way in which animals are used to represent human society, but rather more to show ‘how the animal shapes texts’ (vii), leading to a reframing of the human category. Mwangi does so from an interdisciplinary and a radical intersectional approach. In other words, he does not isolate animal studies, precisely because doing so would appear ‘to play down the problems African human populations have suffered under slavery, colonialism, and neocolonialism’ (25). So Mwangi does not accept the idea of a kind of ‘order of oppression’ (first colonized, then women, then animals…), but views these modes of oppression as interlocked, as intersecting and mutually constitutive systems of marginalization.

In this Mwangi is explicitly engaged with a ‘posthuman ethics’: his vision is that in the Anthropocene – defined as ‘the era that began when humans developed capabilities to alter geologically significant conditions and processes’ (19) – humans should take up the responsibility for the devastation they caused. At the same time, he is not sticking to ‘unnecessary binaries between humans and animals’ (ibid.). Writing from a personal interest as a vegan, his concern about meat-eating and the killing of animals is reflected in the book. On the one hand, the author is not all too radical in this, susceptible to African criticisms of the animal welfare movement as at best a Western elite affair, and at worst a racist discourse and practice that privileges animals over black fellow humans. And Mwangi is also aware of the limits of his own position; as he writes: ‘I am part of the system I am trying to replace’ (184). On the other hand, at times the vegan interpretation is taken somewhat too far. Thus Mwangi proposes to view the animal metaphors of the Swahili poet Haji Gora Haji not only as a means to criticise the greediness of the postcolonial elite, but also as a way ‘to promote vegan practices’, because a cat is advised not to steal vitoweo, a word denoting relish, side-dishes, and condiment (130). In this case, the vegan argument remains unclear and therefore appears as far-fetched to the reader.

Although the book brings together postcolonialism and posthumanism, it starts with a chapter entitled ‘Precolonial Ecological Practices’ in Africa. In this chapter, the author offers a critical assessment of the philosophical ideas of Ubuntu, seen as ‘creating a connection between each human and a broader affective ecosystem (34), but it is not clear in how far these ideas have developed as a postcolonial critique rather than actually forming part of Africa’s precolonial history. A similar remark can be made on the next chapter dealing with oral literature. As this mainly forms a reinterpretation of several children’s books (and, interestingly, Jomo Kenyatta’s Facing Mount Kenya), it is questionable in how far oral genres really form the basis of the chapter. While such choices may be defendable, the author does not sufficiently explain them. This also holds for the analysis of Black Midas, a novel by the Guyanese author Jan Carew. A brief remark is made about this: it is included mainly because the protagonist relates to his ‘African ancestry’ (176), but the analysis is in the end tied to the Guyanese landscapes and environment of the novel. Especially as some of the themes that are mentioned by Mwangi warrant more attention, it may have been better to keep the focus within the field of postcolonial African literature.

The author repeatedly warns against an image of the ‘noble savage’, holding that ‘attempts to recover a pure past also assume that precolonial African societies were static and perfect’ (49 (quote), also: 30-31, 51). With some statements about precolonial African ethics, however, the author hardly pays heed to his own warning. Thus, in Mwangi’s view, Kamba men could never have enjoyed hunting in the way Ernest Hemingway described it, unless Hemingway ‘had managed to co-opt some wayward locals in practices that would traditionally have been sanctioned against within the culture’ (48-49), implying a harmonious precolonial ethics ánd of all precolonial Africans always acting in line with these.

Despite these points to critique, Mwangi’s book is commendable for being innovative, creative, and thought-provoking. The analyses range from dogs to insects to whales, and offer insight into racism, sexuality, the postcolonial condition, queerness, and human-non-human relations. Given the author’s Kenyan background, it is logical that some East African examples are given, but the book also includes examples from South Africa, the Négritude movement, Cameroon, Nigeria, and other regions.

The text has some typos (e.g.: ‘Roach’ (Instead of Rouch, 101) and ‘postapatheid’ (156), and minor mistakes (e.g. translating the title of Pepetela’s O cão e os Caluandas (spelled without tilde) as The Dog in Luanda), but this does not diminish the highly readable writing style. All in all, this book is of interest for all those involved in postcolonial African literatures, ecocriticism, and the posthuman turn.

Evan Maina Mwangi, The postcolonial animal. African literature and posthuman ethics (Ann Arbor: University of Michigan Press 2019). ix + 273pp, notes, bibliography, index, 4 figures.

Prof. dr. Inge Brinkman (Ghent University)

Un entretien avec Celestina Jorge Vindes de Pépite Blues | Amber Frateur & Adja Sy

C’est le mardi 8 Septembre 2020, un après-midi nuageux dans le quartier Matongé de Bruxelles que nous avons le plaisir de parler avec Celestina Jorge Vindes, propriétaire de Pépite Blues. Pépite Blues, qui se trouve à la rue Anoul 30, est une librairie et un espace culturel où les afro-littératures sont mises à l’honneur. Celestina Jorge Vindes nous accueille et nous répond généreusement et profondément quand on l’interroge sur cette librairie et espace culturel qui incarne beaucoup d’intentions.


Pourquoi cette librairie? Quelle est son importance et quelles sont ses origines ?

Ça remonte au fait d’aimer la littérature et que de ne pas retrouver des livres que l’on a envie de lire dans les autres librairies ; en tout cas pas autant qu’on en a envie et pas dans la lumière dans laquelle on a envie de les voir. C’est l’amour de la littérature. Mais aussi l’idée qu’il y avait des histoires et des vies qui n’étaient pas représentées dans notre espace public et avec la conviction profonde que c’est aussi une partie de nous. Ce n’est pas comme des histoires exotiques que j’avais envie de ramener ici. Ce sont nos histoires et nos vies que j’avais envie de mettre à côté des autres histoires et des autres vies ici. Je pense que c’est un besoin qui est ressenti par de plus en plus de monde. En tout cas, moi, j’ai créé l’espace dans lequel j’aurais aimé aller, voilà.

Il y a surement beaucoup qui ont ressenti ce manque mais quest-ce qui vous a poussé à prendre initiative et ouvrir la librairie ?

Je pense que beaucoup de gens ressentent cette absence dans l’espace public mais je crois que chacun le ressent selon sa sensibilité. Ma sensibilité c’était la littérature. Et je pense que la littérature est un moyen par lequel on se rencontre et on fait connaissance et donc lire ou écrire ce n’est pas seulement un rapport aux mots – évidemment plus les mots sont beaux mieux c’est – mais ce n’est pas juste des jolis mots. Ce sont des expériences, ce sont des imaginaires, c’est un rapport au monde. J’avais envie et besoin de partager les univers littéraires et pensées issus de l’Afrique et de ses diasporas. Il y a pour moi comme une  nécessité à cela. Ni un luxe, ni un privilège et encore moins quelque chose de superflu.

Et, cette librairie est pour qui ?

Là, c’est une bonne question et je suis heureuse que vous me la posiez parce qu’en un an et demi que personne ne me l’a jamais posé. Parfois moi je prends l’initiative de le dire, mais en fait, c’est pour tout le monde (rit). Pour tout le monde. Pour toute personne qui pense que les gens ne vivent pas dans un monde à part. Tous ceux qui pensent qu’on peut construire un monde ensemble et qu’il n’y a pas plusieurs mondes parallèles. Il peut y avoir des mondes parallèles, mais les conséquences de ces mondes parallèles seront quand-même collectives. Et à partir d’un moment, il faut qu’on ait des espaces où se rejoignent nos différents mondes. On y gagne tous, certains y gagnent à se connaître un peu plus eux-mêmes, à voir leur reflet dans le miroir. Et d’autres y gagnent à connaître un peu plus d’autres personnes et de découvrir que ce qu’ils pensaient ne pas être leur reflet dans le miroir, l’est aussi en fait. C’est une question d’identité. L’identité, moi j’aime bien ce mot parce que – et je crois qu’on oublie toujours – il y a deux parties dans ce mot : il y a le même et l’autre. Donc, c’est pour tout le monde.

Qui sont les clients ?

Concrètement c’est tout le monde. C’était le but et je suis heureuse. Il y a aussi beaucoup de jeunes – des jeunes des tous les horizons. C’est quelque chose qui me plait. Quand je disais que j’avais envie d’être dans un lieu comme ça, ce n’est pas seulement moi en tant que femme noire, c’est tout autant qu’en tant Belge et ainsi de suite.

Pouvez-vous nous parler de la philosophie derrière la sélection de votre catalogue ?

Il y a deux choses auxquelles je fais attention. La première est évidemment qu’il y ait de la diversité de genre : qu’il y ait des livres d’art, les livres enfants, des albums jeunesses, de sociologie, de philosophie, des romans etc.. L’autre critère : ce ne sont pas nécessairement des livres avec lesquels je vais être toujours d’accord. Ça c’est très important pour moi qu’il y ait aussi de la diversité d’avis. Mais, quand même pas quelque chose qui véhicule quelque chose de négatif comme des stéréotypes. Ça c’est quelque chose qui me fatigue. Si ce mot n’était pas aussi chargé aujourd’hui, j’aurai dit que la perspective décoloniale est très importante pour moi. Mais, ce mot est tellement chargé aujourd’hui qu’on ne sait pas ce que les gens mettent dedans. Pour moi, décoloniale c’est tout ce qui déconstruit les rapports de domination qui partent de l’époque coloniale. C’est vraiment cette idée de déconstruction qui m’intéresse, dans le sens où on fait partie d’un monde qu’on pensait donné, qu’on pensait évident et puis on est mené à questionner toutes ces évidences, tout ce que nous croyons. Mais, je n’ai pas besoin d’être d’accord avec tous. Mais, j’ai besoin quand même qu’il y ait une dimension de recherche et de la construction de quelque chose. Et déconstruire pour moi ce n’est pas détruire. C’est questionner pour reconstruire quelque chose d’autre, quelque chose de mieux, de souhaitable.

Que voulez-vous dire par le fait que le mot ‘décolonial’ est très chargé? Qu’est-ce que vous mettez dans ‘décoloniale’ ?

Le fait colonial est une manière de vivre dans ce monde avec une certaine domination – après que vous appeliez ça coloniale, ou que vous appeliez cela autrement – c’est ce type domination qu’il faut renverser. Je ne vois pas ce qu’il y a comme avantage de vivre dans un monde – pour qui que ce soit : pour les blancs et les non-blancs – je ne vois pas quel avantage il y aurait de vivre dans un monde colonial. Parce qu’il n’y a pas de sécurité pour personne dans ce monde-là. Il n’y a de paix pour personne dans ce monde-là. Donc, moi, je pense qu’on se méprend sur le terme ‘décolonial’ qui est de croire les peuples tenus pour subalternes veulent prendre le dessus ou se venger de l’histoire.  C’est le souhait de vivre en égaux, et surtout que leur humanité et leurs droits ne soient plus questionnés ou remis en cause. L’idée est donc de  justement proposer un monde avec plus de justice. Décoloniser les sociétés, les imaginaires, c’est pour mieux penser la justice sociale.

Est-ce que vous faites des collaborations ?

Ça dépends. Cela arrive que je travaille avec des organisations, des associations, quelques institutions. Ça dépend. Là, par exemple, j’ai réalisé un événement la semaine dernière avec Malcolm Ferdinand autour de son livre Une Écologie Décoloniale – excellent ce bouquin ! Un livre très très très très important, vraiment. Je l’ai organisé en collaboration avec Présence et Actions Culturelles. Donc, quand je pense que ce sont des institutions ou des organisations qui sont en convergence avec ce monde commun que j’essaie de construire, avec grand plaisir. Mais bon, au fil des ans, j’ai aussi décidé de choisir mes partenaires. Au début, en tout cas, j’avais un côté un peu naïf: me disant si quelqu’un travaille sur ces questions-là, c’est que forcément il y a aussi cet horizon de justice sociale. Mais en fait, ce n’était pas tout à fait le cas. Maintenant je prends un peu plus le temps de connaitre les institutions avec lesquelles je travaille.

Pouvez-vous nous parler du pourquoi vous avez consacré autant d’attention et d’espace pour la sélection jeunesse ?

Oui. C’est l’une des sections – alors, elles sont toutes importantes, toutes les sections me sont chères – mais le rayon jeunesse m’est particulièrement cher. Je vais vous donner un exemple. Une fois – donc, ça fait un petit moment que j’ouvre à midi, mais auparavant, j’ouvrais à 11 h. Une fois, j’arrive ici le matin, je suis arrivée à 9 h parce qu’il m’arrive de venir un peu plus tôt et puis j’ai trouvé une dame qui attendait-là alors que j’ouvre deux heures plus tard. Elle est entrée en trombe, elle m’a dit : “est-ce que vous avez une section enfants?” Elle voulait prendre plein de livres. Et donc, je lui ai demandé un petit peu, car j’aime bien discuter avec les gens et elle m’a dit qu’avec sa petite fille, elles avaient pris un livre à la bibliothèque et il y avait une noire dans ce livre. Et comme c’était la première fois, sa petite fille de deux ans a eu peur. Donc, ça dit un peu quelque chose, je pense que le fait de se voir, ou ne pas se voir dans l’espace public construit des imaginaires différemment. Qu’est ce qui peut bien se passer pour qu’elle ait peur ? Ça dit quand même quelque chose. On parlait tout à l’heure de visibilité : d’absence, de présence. Ça dit quelque chose quand même. Cette mère est super, elle emmène son enfant à la bibliothèque. Et pour une fois qu’elle voit un noir dans un livre, elle dit “Géniale! Je vais prendre”, sa petite fille a peur. Voilà, il y a ça. Et puis, je pense que le fait de se voir permet de se construire. On a besoin encore du semblable et du différent, même quand on construit son identité. Ça permet aussi de ne pas être étonné quand, un jour, si son médecin est noir, le petit garçon blanc ne va pas être aussi étonné parce qu’il l’a vu dans un livre. Ce serait normal. Beaucoup de personnes adultes doivent se déconstruire, mais les enfants doivent se construire. Et donc, ma section jeunesse, c’est pour accompagner, donner et mettre sa petite pierre à l’édifice dans la construction des enfants de notre société.

Donc, pour vous, les livres créent des mondes et des possibilités ?

Exactement. J’aime bien le mot ‘possibilités’. C’est très drôle parce que c’est un mot que j’aime beaucoup utiliser. C’est vraiment ça. C’est ouvrir. Ça ouvre le monde, en fait, ça l’élargit.

Comment observez-vous les gens utiliser l’espace de la librairie ?

J’aime bien l’idée de ‘maison’. Il y a deux choses : au début, pendant presque une année, j’ai déjà eu des personnes qui sont rentrées ici en pleurant. Des adultes. Ça me rendait aussi émue. C’était de se dire on avait un espace qu’aurais jamais cru avoir. Et du coup, ça me rendait si émue. Et puis aussi, la deuxième partie, c’est de voir combien de personnes, celles qui viennent de plus en plus ou celles qui ne viennent pas, m’appellent pendant le COVID. “Qu’est-ce qu’on doit faire ?” “Qu’est-ce qu’on peut faire ?” “Est-ce qu’on doit donner de l’argent ? Et on viendra chercher des livres après ? Histoire que la librairie tienne.” “Si tu as besoin d’aide, appelle.” C’est vraiment devenu une communauté de la librairie. C’est notre librairie. Et moi, j’ai envie que les gens se l’approprient. J’aime bien l’idée aussi que quand on vient ici, on ose poser des questions. J’ai déjà été dans des espaces où on est mal à l’aise de poser certaines questions. Ici, parfois, il y a des débats où il y a des gens qui ne sont pas d’accord, y en a qui sont d’accord et on le dit et on en discute. Et ça, c’est très important pour moi qu’on se sente suffisamment à l’aise et suffisamment bien, qu’il y ait cette idée de maison, communauté de la librairie et une communauté très diverse, pas une communauté homogène. J’aime le fait que les gens s’approprient l’espace. Je n’ai pas spécialement envie moi d’incarner cette librairie. J’ai envie que, justement, cette communauté l’incarne. Le fait de partager tout ça, c’est de partager une vision du monde, mais aussi des visions des gens qui nous ont précédés.

Comment avez-vous vécu le confinement et la fermeture des librairies dû à la pandémie du COVID-19 ?

J’ai essayé de stresser le moins possible. Honnêtement, plus que le matériel, c’est vraiment les personnes. Les personnes me disent : “Écoute, si tu as des problèmes, nous sommes là. On va venir renflouer les caisses et ensuite on viendra, on verra sur le long terme, on ira chercher les livres.” Rien que ça. Ou “comment tu vas?” ou “est-ce que tu as besoin de quelque chose pour la librairie ? Nous sommes là”. Rien que ça. C’est ce qui m’a permis de ne pas trop m’inquiéter. D’où le fait que je disais que c’est une communauté de la librairie. Et encore une fois, ça venait vraiment de tous les côtés. Ça m’a beaucoup touchée. C’était beau, un beau monde.

Quelles sont vos souhaits, votre vision pour le futur de l’espace ?

L’espace n’a pas encore son format définitif. Je voudrais une partie néerlandaise, et anglophone plus grande que celle que j’ai. Elle a commencé à grandir. Maintenant, il y en a suffisamment pour que je commence à les introduire sur les autres étagères. Donc, ça, c’est le souhait à court terme qui fait partie vraiment de la constitution de la librairie parce que l’idée aussi était celle-là : néerlandais, anglais, français. Je me suis dit on est quand même à Bruxelles, en Belgique et que finalement, le monde commun c’était aussi ça ? J’ai envie, évidemment, que tout le monde se sente le bienvenu. Et qu’il y ait aussi plus de livres en langues africaines – ça, c’est aussi quelque chose sur laquelle je travaille. Pour l’instant, on a une maison d’édition Belge qui travaille dans des langues congolaises. Ça, c’est super, mais je voudrais en avoir plus ; d’avoir toutes ces langues aussi, c’est quelque chose qui fait partie intégrante du projet. Et vraiment, continuer de recevoir des auteurs. Jusqu’à présent, il n’y a pas un seul auteur que je peux dire “Celui-là, c’était génial et l’autre un peu moins.” Tous, tous, tous m’ont emporté. C’était à chaque fois des tourbillons. C’était des gens entiers en termes d’engagement et d’idées. C’était à chaque fois très riche. J’ai hâte que ça continue. C’est vraiment quelque chose que j’ai envie de plus en plus de vivre – et pas seulement de le vivre, de le partager aussi. Du coup, voilà ça, ce sont les perspectives pour l’instant.

Merci pour la générosité !

Merci d’être venues !

Pépite Blues, rue Anoul 30, Ixelles (Bruxelles)

Adja Sy & Amber Frateur (diplômées en études africaines à l’université de Gand)

Khama’s rebellion against history | A Review by Gitte Postel

In the driest region east of the Okavango, the Amakanko live a quiet life with their cattle, their gods and their ancestors. That is until Khama’s father, the bravest hunter between the Zambesi and the Cape, is killed by an elephant. According to custom, Khama’s uncle marries his widowed mother and takes over the household. For some reason however Khama hates his uncle, and decides to rebel against him – him and everything else.

So far, this could have been just another coming of age novel. Khama’s rebellion, however, is not the revolt of an ordinary adolescent, it is the start of a new empire. Neither is the setting just another time and place, it is the early 19th century in the Northern parts of what is now South Africa. A prolonged period of drought was scorching the country at the same time as Dingane, king of the Amazulu, terrorises his neighbours, outsiders came to plunder gold and slaves, and the first light-skinned trekkers arrived in long caravans of ox-drawn carriages, in search for a new place to settle. In these chaotic times, when many tribes started to wander and were scattered in search of water, food and safety, kingdoms were destroyed, others came to life and in the end were destroyed again – or, at least, restrained.

Khama is one of those people who knows an opportunity when he sees one. The moment his father dies, he vigorously starts training his fighting and running skills. After that he goes into hiding in the hills and in a spectacular scene steals the two young people who are meant to be sacrificed to the sun-god Mlimungu before the Amakonko men start searching for greener pastures with their cattle. Apparently Khama could not have found a better way to position himself as the future leader, the one who will do everything differently. From out of nowhere, people flock to him in his hiding place in the hills, his army almost building itself.

To some of us, readers, certain questions may arise at this point. So far we have, a little puzzled, been following Khama in everything he has been doing, expecting an explanation at some point. What exactly is it that Khama is revolting against? And how is it possible that his new allies can find him in the hills, and his enemies (of which he has many) can’t? Why do these people come to follow him anyway? He did not campaign, he did not advocate his cause. The only thing he did in public, was steal the food out of the mouth of Mlimungu, which was seen as an outrage. And why did he choose to rescue these youngsters from this cruel ritual? It is not as if Khama dislikes violent methods: he has his own soldiers eaten alive by black ants for falling asleep during their night shift, not to mention the horrors his enemies have to endure. But even in the long run, this novel does not give many answers. We hardly ever get to know what Khama thinks, we only follow him in his footsteps. We witness the birth of an empire and learn a few things in the process: how to fight, how to make arms, how to catch and prepare a hippo, how to build a hut, how to drill an army and enforce loyalty, how to intimidate the enemy at the battlefield when you are a woman, what it means to be faced with a Koyoyo challenge when you are Amakonko; and most of all: how to defeat an army that is bigger than yours. Maybe Khama did not need a real reason to revolt, maybe he just needed the opportunity, as many people who lust after power do. Or maybe we readers do not need to know his reasons. We only need to know what happened.

Khama, the novel, is probably a small revolt in itself. In 2003 Stanley Gazemba won the Jomo Kenyatta Prize for Literature in Kenya with The Stone Hills of Maragoli (later republished in the United States as Forbidden Fruit). In this novel and several of his short stories he writes about life in rural Kenya and in the slums, giving voiceless people a beautiful voice in clear, fluent sentences. But Khama is different. Here Gazemba’s sentences are still beautiful and fluent, but more lofty. And where the characters in The stone hills open themselves up to us readers, so we can identify with them as we are used to, Khama and his friends seem to have another purpose.

Did Khama ever exist? Probably not. The publisher claims he is loosely based on the historical figure of Shaka, but the strange thing is that Shaka is also mentioned in the novel and Khama is very close to killing Shaka’s successor Dingane (here called Dungane) when the latter stands peeing in a nearby bush –  a deed that would certainly have changed the course of history. Actually, it does not matter whether or not he existed in real life. In an interesting ‘epilogue’ the story of how Khama’s empire came to an end, fictional or not, is integrated in the very non-fictional story of (cultural) dispossession in South Africa. This all makes sense if we perceive Khama as one of those African novels that is linked to a tradition of oral storytelling, by combining the real contemporary world and real history with myth and a fictional hero. The idea is that between the reader (or listener) and his or her perception of the world, the writer (narrator) creates a fictional hero who corresponds to history but is not history, so he can act as a metaphor that is larger than life.

As such, Khama serves as a metaphor for forgotten history. In the early nineteenth century there might have been one or two leaders who were called Khama, but it is quite a challenge to find any detailed information on them, which of course may prove every point that could be made about historical amnesia. Khama, as a novel, rebels against the historical mainstream, against ‘the historical old literature that [children had to] cram by root at the Mission School’ after Khama (or others like him) was forced to sell his land to mining companies desecrating the caves where the tombs of the Great, laden with gold, were hidden, guarded by spirits with flaming eyes – who surprised everybody by not showing their wrath. The story of Khama’s golden days, claims the narrator, could have been one of the stories that were told around campfires in the evening, ‘in the way history was written in the old days’. But alas, the empire building days were over, and there were too many other, more stunning stories to tell.

Khama (2020), Stanley Gazemba. New York:The Mantle, 147 pages, paperback ($14.95) | ebook ($4.95)

Dr. Gitte Postel (Independent translator)

Outside the Lines | A Review by Aneesha Puri

Ameera Patel’s Outside the Lines, situated in contemporary Johannesburg, South Africa is a raw depiction of the intermeshed nature of political and personal realities and the human connections, dreams, aspirations of choice and self-alienation that exist in their gaps and fissures. The author dexterously manages a seamless storytelling experience despite the ever-shifting narrative voices that flit between the consciousness of five characters from three different races, each having their own religious affiliations and emotional baggages that constitute their psychological interiority.

Cathleen Joseph is an embodiment of the typical, white teenage angst that one has come to identify with the iconic representation of Holden Caulfield in J.D. Salinger’s The Catcher in the Rye. This is delineated right in the beginning of the novel when Cathleen surveys a bar and the narrative voice nonchalantly remarks, “The girls in line are all dressed the same. They’re everything that’s wrong with the world. Identical and scratching away at their individuality to become one pus-filled blob.”

On the other hand, Cathleen’s nuanced character portrayal and her bone-chilling encounter with the world of crime, courtesy of her drug addiction, become a commentary on her father, Frank Joseph’s, inadequate parenting and the dysfunctional family dynamics that they find themselves in after the loss of Cathleen’s mother and their deteriorating financial circumstances.

Flora, the Zulu maid of the Josephs, is a finely etched character who finds herself straddling the choices she has made and the ones that have been denied to her owing to her race, class and gender. Her attraction to the newly recruited, mute painter Runyararo, often compels her to re-assess her disempowered status as the single mother of a teenage boy, while inhabiting a small room filled with Josephs’ castoffs in a deserted corner of their house.

Runyararo, who has recently arrived at Johannesburg from Zimbabwe to find work and send money to his family back home, is representative of immigrant marginalization. Occupying the lowest social rung renders him susceptible to exploitation in a society where the gap between the haves and the have nots is openly brazen.

Farhana, an Indian Muslim girl whose romantic involvement with Flora’s son Zilindile results in pre-marital pregnancy, struggles to mentally and emotionally liberate herself from the reins of patriarchal tutelage as she embarks on a future ridden with uncertainties.

Lies, subterfuge and a sheer stroke of bad luck, inextricably intertwine these five lives, leaving the characters to make sense of a reality that is slowly slipping out of  their hands, one moment at a time.

Representing inter-racial and cross-cultural relationships, this genre-agnostic novel is an amalgamation of dark comedy, domestic saga, and crime thriller. It deploys the lens of intersectionality to explore the vulnerability of each character as their everyday lives unwittingly become fraught with crime, leading to an emotional paralysis they are not equipped to handle. Apart from rare moments of reverie, a sense of tragic inevitability hovers over the universe of the novel.

All the characters seem to be caught in an uncomfortable zone characterized by indecisiveness and yearning for oblivion. Patel’s middle-aged characters – Frank Joseph, Flora, and Farhana’s mother, Mrs. Bhamjee – are single parents, and find themselves trapped between the clashing cultures and alternating perspectives created by changes in their financial states and geographical relocations.

The exigencies of living compel them to travel to unchartered domains in an era where there is a constant battle between cultural standardization and heterogenization. They are expected to carry the burden of this disharmony as they try to grapple with newly available opportunities, while the traditional hierarchies of class, gender and race lurk in the background and manifest themselves in insidious forms.

Their children, Cathleen, Zilindile and Farhana, are partly haunted by the choices of their parents and seem to be claustrophobically stuck in a never-ending cycle of repression, both as perpetrators and victims. For all their purgatorial experiences, there is a conspicuous lack of self-awareness and failure to confront the crisis at hand.

Given the predetermined nature of the novel’s universe and the pessimistic tenor of the narrative voices, it is not surprising that the novel ends as it begins, with the protagonists’ failure to probe deeper into the overwhelming chaos or their persistent and almost unconscious desire to latch onto the current state of affairs.

Patel refrains from maudlinism and the characters’ tragic trajectories are represented in a visceral manner without any attempt to poeticize or render their grief aesthetically appetizing for easy consumption. In fact, baser human instincts and cruder impulses are vividly portrayed in the storyline, which not only adds to the verisimilitude of the narrative, but makes it blatant that there will not be an easy, cathartic exit for readers after finishing the novel. These characters will live on and take a life of their own in readers’ minds.

Outside the Lines (2020), Pacifica, CA: Catalyst Press, 164 pages (Originally published by Modjaji Books in 2016)

Aneesha Puri (Jesus and Mary College, Chanakyapuri, Delhi University, India.)

(This review was originally published on The Mantle platform, September 2, 2020)